Les pages littéraires de Sylvie Bérard

Science-fiction, littérature, écriture

Catégorie: Recherche

« Page décentrée »: Le plaisir de la rentrée

C’est aussi en septembre que je redeviens plus une prof qui écrit qu’une écrivaine qui enseigne, quoique les deux activités se recoupent constamment pour moi. Il y a quelques jours, une collègue en travail social me demandait si je publiais surtout des articles ou des livres dans mon domaine, et je lui ai répondu que j’écrivais des articles savants et des œuvres littéraires. C’était une boutade, mais c’est aussi assez vrai. Et il n’y a pas beaucoup de différence dans mon esprit entre les deux activités, dans le sens où je suis la même personne écrivant à partir du même point de vue sur le monde et, le plus souvent, avec un plaisir équivalent.

Dans la livraison du 15 septembre de ma «Page décentrée», je ne peux m’empêcher de parler de la rentrée des classes. J’y glisse quelques mots à propos de mon cours de quatrième année en création littéraire.

Le document original se trouve sur le site de l’association Pédagogie et pratiques canadiennes en création littéraire (PPCCL).

Francophonie et autochtonie (ontariennes)

PP« Les identités francophones et autochtones semblent souvent se tenir à l’écart l’une de l’autre en Ontario. Faites le test et combinez les mots « autochtone » (ou « métis »), « francophone » et « Ontario » dans un moteur de recherche : vous verrez que la récolte n’est ni copieuse ni très éclairante. Existe-t-il même des Autochtones francophones en Ontario? peut-on se demander de l’extérieur. La question, a priori, semble contenir une contradiction historique et politique. Comme le souligne Maurizio Gatti dans son essai Être écrivain amérindien au Québec1, pour les Autochtones, le français apparaît souvent comme une langue véhiculaire, un compromis volontaire (pour être compris de la majorité) ou conditionné par la langue apprise à l’école. En Ontario, c’est l’anglais qui est, au mieux, la langue véhiculaire pour beaucoup de francophones. Comment imaginer alors, si l’identité francophone n’est pas immédiatement associée aux identités autochtones, qu’une personne métisse ou des Premières Nations vivant en Ontario ait conservé le français comme langue maternelle, voire l’ait acquis comme langue d’usage? Pourquoi choisirait-elle le français comme langue d’écriture plutôt que l’anishinaabemowin, par exemple ou, à défaut, l’anglais, langue de la majorité de l’Ontario, du Canada et de l’Amérique du Nord? »

Pour lire la suite de mon article «À la recherche d’une littérature autochtone franco-ontarienne. Réflexion sur une intersection difficile» qui vient juste de paraître dans la revue Participe présent de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français, ainsi que toutes les superbes contributions à ce numéro spécial «Diversité et création en Ontario français», rendez-vous sur le site de l’association.

Une analyse de Terre des Autres

Lisez l’article complet.

Source: Rodica Gabriela Chira, «Autour de l’altérité dans Terre des Autres de Sylvie Bérard», Studia UBB Philologia, LXIII, 1, 2018, p. 9-22.

La locutrice délocutée

Ça risquiafae d’être intéressant. Je m’en vais au congrès de l’IAFA (International Association for the Fantastic in the Arts) dans quelques jours, présenter une communication sur quelques transgressions narratives dans la science-fiction, et au même colloque il y aura deux communications sur La Saga d’Illyge, une de Sophie Beaulé, sur la transformation du corps, l’autre d’Amy Ransom, sur la traduction. Je compte passer du bon temps intellectuel avec toutes les deux et j’ai promis à la seconde que j’irais réfléchir à haute voix avec les membres du panel.

Quel chapeau porter aujourd’hui?

Ceux et celles qui me connaissent, savent que j’ai deux carrières. Je ne les qualifierais pas de parallèles, parce qu’elles se croisent et se répondent souvent, mais en tout cas il s’agit de deux occupations distinctes, deux chapeaux que j’enfile tour à tour et parfois un sur l’autre: l’enseignement et la recherche d’une part, l’écriture d’autre part.

En ce moment, je suis un peu déchirée entre les deux. Il y a ce roman de science-fiction que j’ai en tête depuis un certain temps, pour lequel j’ai fait certaines recherches dont certaines m’ont menée quelque part dans la région d’Amiens durant mon récent séjour en France (je n’en dis pas plus), et que j’ai commencé à écrire par bribes. L’écriture a été retardée par l’année folle que j’ai eue à l’université, occupée par l’enseignement, la direction du département, et par toutes les exigences administratives dont le milieu universitaire a le secret. Et il y a cet essai qui me trotte dans la tête depuis plusieurs années, pour lequel j’ai accumulé des dizaines et des dizaines de pages, et qu’il ne me reste plus qu’à rassembler en un tout cohérent. Lui aussi a été retardé par l’année que je viens de passer.

Les deux projets me tiennent à coeur. Les deux reposent, à leur manière, sur l’écriture et les deux me stimulent. Les deux ont un rapport étroit avec la science-fiction. Lequel gagnera?

Jusqu’ici, ce n’est ni l’un, ni l’autre qui l’a emporté, mais le reste du boulot qu’il y avait à faire. Et l’été est si court!