Les pages littéraires de Sylvie Bérard

Science-fiction, littérature, écriture

Catégorie: Non-fiction

Auteure, autrice et écrivaine

Un ami m’a demandé aujourd’hui: «Auteure, écrivaine ou autrice? En général? Et pour toi?»

J’ai pensé partager ici ce que je lui ai répondu:

Déjà, auteure ou autrice et écrivaine, ce sont deux choses différentes. Être écrivaine c’est écrire, et être auteure ou autrice c’est avoir la propriété de ce que je crée, pas juste par écrit. Je suis les deux. Pour ce qui est de la différence entre auteure et autrice, elle est complexe pour moi. Je me disais auteure et luttais pour nommer les autres auteures bien avant que le mot se répande dans les nouvelles grammaires. Et maintenant que la forme féminisée de l’activité est en train de passer dans l’usage, on utilise de plus en plus «autrice». Je ne suis pas contre et je suis même pour, et je l’emploie aussi, mais les vieilles habitudes ont la vie dure.

Une page radiophonique de mon journal

Voici le segment de dimanche dernier (pré-enregistré, il datait déjà d’une semaine) du Pot Pourri Show, où je témoigne modestement de ma situation puis fais trois suggestions de lecture de circonstance. Vous trouverez l’émission complète ici. Bonne écoute!

« Page décentrée »: Commise, voyageuse et toujours vivante

Sillage des lumières d'automobile sur une route la nuité

« Adopt a Highway » peut-on lire en bordure de certains tronçons de l’autoroute 401 qui traverse l’Ontario d’est en ouest. Au moins ce n’est pas en français mal traduit, comme certains autres panneaux provinciaux… Eh bien, je l’ai fait. Les papiers n’ont jamais été officiellement signés, mais je peux dire que j’ai fait cette autoroute mienne. Bon gré, mal gré. Je la connais par cœur. Je la déteste par les jours de mauvais temps, je l’accepte comme un mal nécessaire la plupart du temps. J’y ai passé des nuits entières à attendre que la neige cesse, j’y ai roulé plus vite que nécessaire (ne le dites pas à l’OPP), j’en ai visité tous les Tim Horton’s, j’en ai boycotté tous les MacDonald’s, je connais toutes les sorties qui débouchent sur un latte potable, j’ai comparé le prix de l’essence de toutes ses stations-service. Ma voiture en sait tous les méandres. Je suis professeure d’université et je mène la vie d’une commis-voyageuse.

AVERTISSEMENT : Pour la livraison du 15 octobre de ma «Page décentrée», je puise de manière éhontée dans mes fonds de tiroir et vous propose une version remaniée d’un article paru dans L’autre forum. Le journal des professeurs et professeures de l’Université de Montréal, vol. 9, numéro 2 (février 2005), p. 6. Et je persiste et signe!

Le document original se trouve sur le site de l’association Pédagogie et pratiques canadiennes en création littéraire (PPCCL).

« Page décentrée »: Luxe et nécessité (Géographie culturelle II)

La langue est-elle une identité ? La langue (parfois les langues, dans le cas de personnes qui ont grandi dans un environnement plurilingue, ou encore un registre particulier de la langue), ce code qui nous est transmis dès le tout jeune âge, rejoint notre sens profond de ce que nous sommes, de là où nous venons et allons. Sans en faire nécessairement une identité, l’article 2 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (qu’il faudra bien renommer un jour Déclaration universelle des droits de la personne), stipule: «Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.» Tout en nuançant le lien qu’on peut établir entre le linguistique et l’identitaire, Patrick Charaudeau souligne que la «symbolique de l’identité d’une communauté à travers sa langue repose sur […] celle de “filiation”», c’est-à-dire sur la capacité de transmettre un idiome d’une génération à l’autre.

Dans la livraison du 15 août de ma «Page décentrée», je réfléchis aux dimensions identitaires de la langue.

Le document original se trouve sur le site de l’association Pédagogie et pratiques canadiennes en création littéraire (PPCCL).

« Page décentrée »: Écritures de vacances

Coucher de soleil sur une page (photo retravaillée).

«L’écriture, dans tout cela, jouit chez moi d’un statut intermédiaire. D’un côté, c’est comme prendre des vacances du reste de mes tâches de professeure et de directrice de département. Soudain, j’ai la possibilité de plonger au cœur de moi-même et des mots. J’aborde tous les travaux d’écriture comme des actes créatifs, et écrire, habituellement, m’apporte du bonheur, mais l’écriture de poésie et de fiction occupe bien sûr une place à part. D’un autre côté, l’écriture est aussi un travail. On a beau avoir la plume facile et ne pas engendrer du texte dans la douleur, c’est quand même une technique tout en étant un art, et c’est une besogne exigeante.»

Dans la livraison du 15 juillet de ma «Page décentrée», je me décentre vers le bord de la piscine.

Le document original se trouve sur le site de l’association Pédagogie et pratiques canadiennes en création littéraire (PPCCL).