Les pages littéraires de Sylvie Bérard

Science-fiction, littérature, écriture

À la loterie des Pères Noël

Le Père Noël était très généreux de ses cadeaux chez moi, mais assez avare de sa présence. Au Noël de mes 2 ans, il est passé et il m’a réveillé. Mais en fait, je pense qu’il avait envoyé un de ses assistants moins avantagé par la nature. Même l’enfant que je suis à l’air de faire contre mauvaise fortune bon cœur devant cette incarnation douteuse.

Le fruit de la puanteur

La traduction du roman Salt Fish Girl de Larissa Lai, signée par Suzanne Grenier et moi-même, vient de paraître sous le titre Le fruit de la puanteur aux éditions Tryptique. Voici la discussion que nous avons eu toutes les trois avec Pierre Luc Landry, directeur de la collection Queer, dans le cadre d’un événement diffusé par la Librairie Saga de Montréal.

Les petites laines

je ne suis pas tout ça

Legi, vidi, scivi*

Couverture de Une sorte de nitescence langoureuse de Sylvie Bérard

J’ai reçu cette semaine mes droits d’auteure pour 2020 de l’une de mes maisons d’édition et je suis, encore une fois, un peu surprise par les faibles ventes de Une sorte de nitescence langoureuse. Il est rare que les auteurices ou les éditeurs parlent de leurs chiffres de vente, car c’est comme un tabou, mais j’ai envie d’en dire quelques mots ici. Je sais qu’il y a aussi le prêt en bibliothèque, et que les romans ont parfois plus que 3 années de vie, et par ailleurs ce n’est pas une priorité pour moi de vivre de ma plume, mais si je le compare à mes autres publications et, toutes proportions gardées, même à mes recueils de poésie, je constate quand même combien il a été relativement peu connu. Pas peu aimé, pas peu critiqué, juste et simplement peu lu, vu, su.

D’un côté, j’ai tendance à dire CQFD : ce roman, publié par un éditeur de science-fiction québécois, connaît le sort du roman fictif de science-fiction qu’il met en scène; il est soigneusement contourné par la critique quand il n’est pas dédaigné (rappel : quand j’ai gagné le Prix des lecteurs de Radio-Canada pour Terre des Autres, un célèbre chroniqueur qui faisait la couverture officielle de l’événement avait ouvertement manifesté son étonnement, chose que, je pense, il n’aurait pas osé faire s’il ne s’était pas agi d’un roman de genre). Si vous avez la mémoire courte, vous trouverez peut-être que j’ai tort, parce qu’on couvre pas mal la science-fiction québécoise en ce moment. Cependant, si vous n’avez pas commencé à vous intéresser à la science-fiction il y a cinq minutes, vous serez peut-être du même avis que moi. Dans l’un et l’autre cas, c’est avec plaisir que j’en discuterai avec vous.

D’un autre côté, je suis quand même perplexe et je cherche encore une explication. Bien sûr, je pourrais accepter l’idée que j’ai écrit un mauvais roman. Même en éliminant tous les autres facteurs, il se peut que ce soit une hypothèse valide. Cependant, je demande à être convaincue qu’un roman puisse ne pas se vendre parce qu’il n’est pas aimé. Et j’ai une foule d’autres hypothèses à évaluer dans l’intervalle, dont celle du livre qui n’a pas rejoint son public pour une raison ou une autre. Et ces raisons, puisqu’on l’a peu acheté mais critiqué positivement quand on l’a fait, sont sans doute en partie paratextuelles : nom de l’éditeur qui renvoie à la littérature de genre (mon roman était seulement le second titre de la collection « Autrement » chez Alire), titre un peu sibyllin (quoique éloquent une fois qu’on a lu le récit — et franchement il en vaut bien d’autres), illustration de la couverture (superbe, quant à moi, tout comme les illustrations intérieures, et j’en remercie Bernard Duchesne et mon éditeur). Je vois aussi des raisons plus péritextuelles, dont la propension qu’ont eue les libraires à classer mon roman dans la section « science-fiction », d’une part, sans jamais, d’autre part, le faire transiter par leur rayon des nouveautés. Ainsi, mon roman n’a pu être découvert, la plupart du temps, comme nouveau livre de littérature générale, tout en étant peut-être trouvé, par ailleurs, entre La Saga d’Illyge et Terre des Autres par un lectorat de science-fiction qui a dû se demander à quoi rimait cette escroquerie. De tout cela aussi nous pourrions discuter.

Tout cela, je ne le dis pas ici pour me poser en écrivaine incomprise. Les critiques de mon roman m’ont montré qu’il était en fait très bien compris lorsqu’il était lu. Je l’écris surtout pour vous expliquer que, moi, je cherche à comprendre.

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*J’ai lu, j’ai vu, j’ai su.